La Clé

 

 

Corine était secrétaire de rédaction dans un quotidien national

J'ai une quarantaine d'année, je suis divorcée et mère d'une petite fille. Après avoir été Secrétaire de rédaction dans la presse quotidienne pendant plus de dix ans, je suis sans emploi significatif depuis deux ans. Je trouve bien quelques vacations de secrétaire de rédaction pour l'édition de livres, ou des travaux de réécriture au coup par coup (à la pige), mais ce sont des travaux très mal rémunérés.

Je commence vraiment à paniquer car je me sens dans une véritable précarité, au point de ne plus savoir très bien qui je suis professionnellement.

 

Dans le brouillard

Pendant toute l'heure que dure le premier entretien avec Alain, je le noie sous un flot de paroles, sous le déluge de l'angoisse que mes deux ans de chômage ont généré chez moi. Il parvient néanmoins à faire préciser les trois points qui sont à la source de cette angoisse :

  • La croyance que seul un travail salarié peut m'apporter la sécurité dont j'ai besoin. Les expériences de travail en libéral que j'observe autour de moi me confortent dans cette idée, et ma propre expérience depuis deux ans me montrent que le travail en free-lance n'est pas rémunérateur.
  • Mon expérience et mon "hyper" formation me rendent difficilement intégrable par les responsables des Ressources humaines dans la plupart  des structures de management. Je fais peur. C'est une donnée difficile à intégrer et qui me pousse à faire l'impasse sur des pans entiers de mon cursus pour tenter de décrocher un emploi stable à tout prix.
  • Il apparaît au cours de l'entretien que mon accumulation de diplôme pourrait correspondre à une forme de compensation affective liée à mon histoire personnelle. Nous convenons que nous n'aborderons pas cet aspect des choses, qui est hors du champ de l'accompagnement d'Alain, mais que je me réserve la possibilité de traiter ces questions dans un cadre approprié.

Pour parvenir à me faire sortir de la plainte et entrer dans le travail de définition d'un projet professionnel, Alain va s'y prendre en deux étapes, au cours de deux séances d'une heure trente pour la première et de deux heures pour la seconde :

  • Pour canaliser ma volubilité, Alain me demande de formaliser par écrit les circonstances professionnelles dans lesquelles j'utilise mes qualités aussi bien personnelles que professionnelles.
    Mais parler positivement de moi m'est difficile, et j'ai du mal à évoquer mes réussites. C'est courant, paraît-il. Nous savons très bien nous faire des reproches ou nous dénigrer, mais reconnaître nos compétences et nos qualités, nos réussites et en parler, alors là, nous perdons notre sens de la modestie, non ?
    Je finis par comprendre que c'est la condition pour retrouver du travail : mettre en valeur ce que je sais et peux faire.
  • C'est là qu'Alain me demande de rédiger une offre de services à partir de ce que j'aime le mieux faire.
    Je suis surprise de me rendre compte que ce que j'aime le mieux faire correspond au parcours professionnel que j'ai réalisé et à l'intitulé de mon CV : j'aime mon métier de Secrétaire de rédaction. Mais je ne vois pas là ce qu'il y a de valorisant, ce que je pourrais mettre en exergue pour faire la différence et être recrutée.

 

La renaissance

C'est au cours du quatrième entretien, d'une heure trente, que la situation va se dénouer. Avec Alain, nous entreprenons de découvrir en quoi je suis une Secrétaire de rédaction différente de toutes les autres. Et qu'est-ce que cette différence apporte de plus ou de mieux dans l'exercice de mon métier ? Pour reprendre l'expression utilisée par Alain, quelle est ma Valeur Ajoutée ?

Nous réexaminons tout mon parcours, tant universitaire que professionnel, en cherchant un lien, une constante, un fil rouge qui le caractérise et qui lui donne une spécificité porteuse de Valeur Ajoutée.

Et nous trouvons : tout au long de mon parcours, ce qui me rend efficace et qui me donne du plaisir, c'est la maîtrise du langage implicite et explicite.

J'ai la capacité de faire passer un message de façon directe et claire ou de façon indirecte et plus allusive.

 

La formulation de cette clé, comme l'appelle Alain, provoque chez moi un véritable choc émotionnel. Je m'approprie véritablement ce parcours qui est le mien, et celui de personne d'autre, et qui est riche de réussites : mes diplômes, les dix années passées dans un grand quotidien au poste de Secrétaire de rédaction… Je connais ma Valeur Ajoutée.

Pour bien ancrer cette nouvelle ressource, connaître ma clé, je rédige un texte sur le thème : en quoi mon bagage nourrit-il ma maîtrise du langage implicite et explicite ?

 

La cinquième et dernière séance de travail avec Alain ne se déroule que quinze jours après. Et dans l'intervalle, j'aurais accepté de rencontrer une relation de mon entourage familial. Lors de cette dernière séance, je peux annoncer à Alain que je suis sur le point de signer un CDI en tant que Rédactrice de la Communication interne dans un des plus grands cabinets de consulting internationaux. Et avec un salaire que je n'espérais pas.

 

Ma conclusion de coach 

A quoi tient un retour à l'emploi ? Souvent à savoir qui l'on est profes-sionnellement. Et c'est notre parcours professionnel qui, la plupart du temps, renferme la clé de notre identité professionnelle. Tout simplement parce que nous ne faisons pas les choses par hasard.

Pour de multiples raisons, qui tiennent à son histoire personnelle et profes-sionnelle, Corine ne savait plus qui elle était, professionnellement.

En l'accompagnant dans ce recentrage, réalisé à partir des éléments concrets de son vécu, je l'ai aidé à retrouver et à mobiliser les ressources dont elle avait besoin pour reprendre son parcours professionnel. Sans perdre de temps : 5 séances pour 7 heures 30 d'entretiens.